mardi 24 mai 2011

Confidences de fond de placard

1


Tout a commencé par un caillou dans mon soulier. C’est comme ça qu’on s’était rencontrés. Moi, je sacrais en boitant parce que j’étais pressée. Toi, t’étais appuyé contre le mur d’un café chinois et quand tu m’as vu arriver tu t’es mis à rire. J’ai eu envie de te faire avaler ton journal et de te battre avec un… Mais je n’avais rien sous la main. J’avais juste une enveloppe jaune dans laquelle j’avais rangé précieusement mon c.v., parce que je m’en allais à une entrevue pour un job bien dans une boutique de photographie, et je la tenais si fermement cette enveloppe, à force d’être nerveuse et d’être irritée par cette saleté de caillou, que j’étais en train de la tordre dans mon poing. Alors, je me suis arrêtée et j’ai ri avec toi


2


Memories

Il me semble que si l’on se fiait à la mémoire pour mesurer la valeur des choses et des évènements, il faudrait admettre que celle-ci est plutôt soumise au hasard et qu’elle n’a rien à voir avec leur qualité intrinsèque ou l’importance qu’on leur accorde dans l’idée qu’on se fait de nous-mêmes, de nos ambitions ou de nos idéaux. C’est ainsi que les ruptures, la violence, la force des revirements forment, en bout de ligne, la trame exhaustive de nos vies et la véritable substance dont nous sommes faits, et que les moments et les idées qui nous paraissent vraiment importants passent en fin de compte à travers les mailles de l’histoire.